10/08/2011

5 idées à retenir de Google+ ou comment créer un produit au 21ème siècle ?

googe plusDepuis quelques semaines, j'ai l'occasion d'avoir accès au réseau social lancé par Google : Google+ (mon profil). De nombreux articles ont déjà été écrits sur le sujet. Aussi, ce billet ne sera pas consacré à une énième comparaison entre Google+, Twitter et Facebook.

Pour les concepteurs de produits et services, les entrepreneurs, cette plateforme est riche d'enseignements et nous montre comment le géant californien conçoit une nouvelle application.

 Essayons d'en retenir cinq !

  1. « Cent fois sur le métier tu remettras ton ouvrage ». Google+ n'est pas le premier galop d'essai en matière de réseau social. Les équipes de Moutain View ont tenté d'imposer Orkut qui n'avait vraiment décollé qu'au Brésil et en Inde. Puis est venu le tour de Buzz, un missile « anti » Twitter … toujours en ligne mais bien calme ! Et sans oublier Wave, qui a fait un buzz énorme lors de son lancement, mais dont le public – en premier lieu, les utilisateurs de wiki – s'est vite détourné (Wave était-il trop différent pour trouver un large public ?).
    A chaque fois, Google semble prendre l'échec avec philosophie, ne baisse pas les bras : fermeture définitive des services non populaires (ex : Wave et ses 1 million d'utilisateurs !) et lancement quelques temps plus tard avec d'un autre site web. A chaque fois, avec l'espoir que le dernier service sera un vrai succès.

  1. « Dans ton océan bleu, tu navigueras ». A quoi bon faire ce que Twitter a fait il y a 4 ans ou Facebook il y a 7 ans ? Google+ cherche à fixer ses règles du jeu et sa propre philosophie : D'un part, un modèle asynchrone (mes amis/relations ne sont pas forcément amis avec moi), le concept de Cercles pour organiser mes contacts et leur partager le contenu que je souhaite (et uniquement celui-ci !). D'autre part, Google+ fixe des secteurs où il veut être meilleur que sa concurrence comme avec le video-chat de groupe intégré ou l'export simplifié des données privées.

  1. « Une superbe interface utilisateur tu ferras, le design tu soigneras » Dans l'océan bleu de Google, l'interface utilisateur est un point clef. Andy Hertzfeld et son équipeHertzfeld est une légende du logiciel, un des créateurs du Macintosh dans les années 80 – ont réalisé une interface agréable, légère. Sa principale qualité est de pousser l'utilisateur à utiliser la plateforme en lui rendant les choses aisées (drag & drop, menus contextuels à foison) et en le récompensant de petites animations (essayez de supprimer un cercle par exemple !). On notera aussi que l'eXpérience Utilisateur (UX) est bâtie autour de concepts très concrets, comme celui de « Cercles » : un mot désuet mais un concept visuel, simple et immédiatement assimilé par l'utilisateur (a contrario des Waves).

  1. « Dès le commencement, tu seras mobile ». Comment ouvrir un nouveau service sans y adjoindre une application mobile ? Peut-on construire un plan produit sans application Android ou iPhone/iPad dès le lancement ? Aujourd'hui c'est devenu impossible, tout simplement. Nous sommes définitivement dans l'ère Post-PC.

  1. « Ton temps tu prendras, ton histoire tu raconteras ». Google+ n'est pas ouvert à tous et pourtant il compte déjà 25 millions d'utilisateurs. Le principe de cooptation – je suis invité par un des mes amis et je peux ensuite inviter les miens – est donc encore une fois (après Gmail) une façon de rôder les logiciels, de construire une base d'utilisateurs privilégiés et de sponsors. L'équipe de Mountain View fait partie de la communauté : elle explique ses décisions, réagit aux propositions et raconte son histoire. Même si les modifications conséquentes sont mineures, ce mode de fonctionnement crée une empathie entre l'éditeur et ses utilisateurs.

Sans tomber dans l'angélisme, ces 5 points illustrent à mes yeux comment concevoir et lancer un projet ou une application en 2011. De nombreuses startups utilisent ce mode de fonctionnement pour travailler leur offre et acquérir des utilisateurs.

Dans tous les cas, le lancement de Google+ aura été un succès, à un tel point que certains doutent de la longévité de cet état de grâce. Mike Elgan écrit même :

 Google has created in Google+ the foundations for a utopian society that strikes a rare balance between freedom, responsibility and social consequences for one’s voluntary actions.

Compared with Google+, other social networks are repressive and authoritarian.

D'autres sont enthousiastes ! Edd Dumbill, un des auteurs et éditorialistes les plus talentueux des éditions O'Reilly, pense que Google+ pourrait être une nouveau squelette pour le web. Dans un article très bien argumenté, il explique comment les réseaux sociaux ont humanisé Internet : un village planétaire où l'on parle, on échange et finalement on fait confiance à des individus plus qu'à des entreprises ou des médias. Google+, s'il conserve le souci de respecter la vie privée deviendrait un environnement de référence, une commodité, dont l'ouverture favoriserait la création d'un écosystème riche et diversifié...

 +Edd Dumbill et +Mike Elgan auraient-t-il raison ? Seul l'avenir nous le dira.

 Merci pour vos commentaires !

Commentaires

Génial G+. Mais Google n'est pas une structure philanthropique, alors que leur rapportera g+ ? Un nouvel espace pub ? Des stats de folie sur la com inter-geek ?

Écrit par : feschotte nicolas | 11/08/2011

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Il me semble aussi que le côté KISS est bien plus présent sur g+ que sur les autres produits, tant au niveau de l'IHM que du fonctionnement, c'est ce qui démarque nettement g+ de facebook et même des échecs de google comme wave.

Pour ce qui est du souci de la vie privée il est tout relatif chez google, on le voit déjà sur g+ avec les bannissements de gens utilisant des pseudos. Google est une entreprise, ils comptent faire des bénéfices avec les données que l'on met sur leurs serveurs.
Le seul modèle sain est de garder ses données sur sa machine, comme sur diaspora, qui malheureusement ne s'est pas répandu.

()
De plus g+ ne risque pas de favoriser un "écosystème riche et diversifié", internet est déjà très riche et diversifié.
Que des personnes puissent croire qu'en faisant des serveurs d'une entreprise le "squelette du web" on va favoriser la diversité ça me dépasse, Edd Dumbill vit chez les bisounours ôO

Écrit par : Benoît Caruso | 11/08/2011

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+1 :) le web c un tas de gens "libres" et dépendants d'une connexion , creer des groupes et des zones c'est devenu du marketing . (dérive) ce n'est pas le ccc qui avait pour projet un satellite "libre" et indépendant des pays ? ( dérive off)

Écrit par : feschotte nicolas | 11/08/2011

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Merci Nicolas et Benoit pour vos deux commentaires.

Je comprends votre appréhension : non, aucune entreprise sur Internet n'est "philanthropique" et toute entreprise cherche le profit.

Mais ne soyons pas trop manichéen : Google tire ses revenus de la publicité. Oui, son intérêt est que nous consommions toujours plus de services online (via son webmail - Gmail -, son système d'exploitation mobile - Android - ou encore son navigateur) pour pouvoir "vendre" plus d'espaces publicitaires à des annonceurs.

Mais regardons les choses en face : nous utilisons un service qui est gratuit et performant ; nous restons responsables des données que nous exposons "en public" car le web est public, ce blog est une zone publique d'expression !
Last but not least : Internet et le Web reposent aujourd'hui sur des entreprises privées. Les opérateurs télécoms, les constructeurs d'équipements réseaux, les réseaux sociaux, etc...

Bref, je vous comprends, je suis aussi un fervent défenseur des logiciels libres (voir d'anciens billets sur le sujet datant de 2004) et des libertés individuelles, mais l'idée de donner "un peu" de mes données (que je choisis) pour pouvoir communiquer plus vite avec mes proches, ou travailler plus efficacement, ne me choque pas...

Après c'est "juste" une question de curseur, et c'est là toute la difficulté !

Encore merci pour le débat.

Laurent

Écrit par : Laurent H | 11/08/2011

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AU fond on est d'accord, g+ est un outil très intéressant, il faut juste être conscient qu'on échange plus ou moins nos données contre ce service et il me semble que la majorité des utilisateurs de services sur le web ne s'en rendent pas vraiment compte.
Je suis en plus effectivement arrivé sur cet article via g+ xD
Je ne critique pas vraiment ton article mais plutôt ceux que tu cites et surtout l'idée de voir g+ comme un centre de nos activités sur le réseau.
Les opérateurs télécom sont sensés garder un réseau neutre (ok c'est pas tout à fait vrai mais ils devraient), google eux en tant que fournisseurs de services n'ont même pas d'obligation morale d'être neutre.

La aussi au fond ce n'est pas grave google est une entreprise privée qui a tout à fait le droit d'être partiale , tant qu'on ne cherche pas à définir g+ comme le centre du réseau.

Écrit par : Benoît Caruso | 12/08/2011

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Il est bon ce Benoît :)

Écrit par : nicolas | 12/08/2011

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Google tire ses revenus de la publicité. Oui, son intérêt est que nous consommions toujours plus de services online (via son webmail - Gmail -, son système d'exploitation mobile - Android - ou encore son navigateur) pour pouvoir "vendre" plus d'espaces publicitaires à des annonceurs.

Écrit par : achat or | 13/02/2012

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