25/11/2004

Firefox (Suite)

Je vous parlais la semaine passée de la sortie de Firefox, nouvelle référence en matière de weblog.

A priori, on assiste à un départ en fanfare pour ce nouveau navigateur (qui connait d'ailleurs une source fiable de statistiques sur les navigateurs ?), il semble que sa part de marché grimpe (on parle de 7%, de 15%). Ce qui est sur c'est que sa côte d'amour progresse fortement au sein de la communauté des professionels des NTIC et des Télécoms...

La preuve (via Tristan Nitot), c'est que Microsoft himself fournit des captures d'écran avec Firefox ! Regardez , on croirait presque à un canular...

A quoi servent les brevets logiciels ?

Firefox, Eclipse, Linux, Apache sont aujourd'hui des "marques" (et oui !) de plus en plus populaires dans l'industrie du Logiciel et des Télécoms. Du CEO/PDG à l'analyste programmeur, les débats ne tournent plus sur le "pourquoi" installer des logiciels libres, mais sur le "comment", signe d'une grande évolution en peu de temps (5-7 ans).

Et ce n'est pas cette nouvelle donne qui va pas permettre à Steve Balmer, CEO de Microsoft, de se "calmer" ! (lire ses frasques avec les dirigeants asiatiques). Microsoft perdrait-il patience ? Mais au fond pourquoi ?

Je suis assez favorable à une approche pragmatique des problèmes (tout comme un certain Linus Torvald ) mais vu la puissance économique des grands éditeurs de logiciels, je ne trouve pas de bons arguments pour défendre les brevets logiciels.
Même si le brevet a été crée pour défendre l'innovation en protégeant l'auteur, et pour partager l'information en publiant ses découvertes, aujourd'hui "l'homme de l'art" (pour reprendre la terminologie "brevets") semble bien contraint.
IBM (première entreprise à déposer des brevets au monde), Cisco, Microsoft disposent d'une telle capacité de recherche et développement, qu'il semble difficile d'innover, d'inventer sans enfreindre un des milliers de brevets déja déposé. Et ceux qui s'engageraient dans l'aventure, s'exposeraient au risque d'être "broyer" par les machines juridiques de ces grandes multinationales. Aucune PME n'a les moyens de combattre juridiquement ces grands groupes. Ces entreprises ont déja un pouvoir conséquent, voir monopolistique, pourquoi leur donner de nouveaux moyens pour augmenter leur emprise ? Souhaite-t-on augmenter leur monopole ?

Et d'un autre point de vue, y-a-t-il un patron de PME en Europe, qui puisse m'expliquer en quoi un brevet logiciel lui permet de gagner des parts de marché et d'être rentable ? Comment s'intègre un brevet logiciel dans le buisness model d'un "petit" éditeur de logiciel (dans d'autres secteurs, cela semble plus évident que pour les logiciels) ?

Heureusement que certains nous rappelent l'ampleur de la politique de propriété industrielle des grands éditeurs et nous mettent en garde.

23/11/2004

GPL v3 c'est parti

Via OSnews, j'apprends ce soir que la GPL version 3 c'est parti !

Cette nouvelle mouture de la licence phare du monde du logiciel libre devrait être publiée avant la fin 2005. Elle répondra (il faut l'esperer) aux dernières évolutions techniques et aux nouveaux usages apparus depuis le début des années 90 (sortie de la GPLv2) :

o Une position plus claire sur les brevets logiciels. La diversité des législations promet bien des soucis à ses deux auteurs (Richard Stallman et Eben Moglen)

o Une précision concernant l'usage de logiciel libres pour créer des services payants (quels sont les droits et les devoirs des créateurs de WebServices ?)

o Des articles concernant le "Trusted Computing"... (si quelqu'un en sait plus, je suis preneur)

J'espère que la rédaction de cette nouvelle version se fera dans la transparence la plus grande... et surtout qu'elle évitera les guerres de clochés... Il y a plus de 50 licences OpenSource différentes, ce qui n'aident ni les utilisateurs, ni les entreprises, ni les developpeurs...

Plus de simplicité, peut-être un peu moins de "dogmatisme" (esperons qu'ils ne proposeront pas la viralité de la licence vers les webservices crées :) et la GPLv3 permettra de voir plus de logiciels sous licence GPL (et non pas le départ des principaux projets GPL vers une autre licence !)

20/11/2004

Logiciels de demain ?

Vous avez tous entendu parler cette semaine de la mega panne qui c'est produite chez Bouygues Telecom. Reuters nous apprend que l'opérateur aurait perdu près de 16 Millions d'euros à cause de cette panne. La moitié de la somme allant pour des remises clients (qui ne font pas plaisir à tous le monde !).
Cette panne, s'ajoute à celle qui a eu lieu chez France Telecom, il y a quelques semaines. Du coup Patrick Devedjian, Ministre de l'Industrie, a diligenté une enquête administrative pour en savoir plus. Tekelec, fournisseur de serveur de geolocalisation, semble en cause... on devrait en savoir plus d'ici à la fin du mois.

Cette affaire est révélatrice du manque de maturité qu'on trouve aujourd'hui dans le monde de l'informatique, des réseaux et des télécomunications. Il y a bien longtemps que les industriels "de l'ancien économie" (ie automobile, chimie, etc..) utilisent des processus redondant, et possède une "management de la qualité" leur donnant une vrai maitrise de leur "métier de base". Bref, ces industries connaissent les risques operationnels liés à leur activité, et "gère" ce risque. Ca n'empêche pas les pannes, mais ils y sont préparés et les ont anticipées.

Dans la "nouvelle économie", cette culture de la sureté de fonctionnement et des procédures qualités n'est pas encore généralisées. Cette culture est en formation, et les mutliples normes internationales (ITIL, COBIT pour la partie IT, Critères Commun ou ISO 17999 pour la sécurité informatique) sont encores jeunes. Tout ceci doit encore "grandir" et se démocratiser ... (même s'il ne faut pas penser que Bouygues Telecom ou FT soit des entreprises désorganisées)

Cela me fait penser à un de mes professeurs lorsque j'étais étudiant : A chaque cours, il racontait comment son premier employeur, un operateur Américain, lui avait expliqué que si le réseau téléphonique "tombait" (c'est à dire était en panne), alors de nombreuses personnes allaient mourir.
Mourir ? Oui, car le téléphone (et demain l'internet) est le premier support des moyens d'urgence. Couper le téléphone, c'est mettre en danger de mort les personnes seules, isolées, agées ou malades.

Devant cette importance grandissante de la fiabilité des logiciels, toute l'industrie informatique réfléchit: j'en veux pour preuve, cet article qui demande des logiciels durant 200 ans (comme un pont par exemple). Par ailleurs, je ne résiste pas à vous citer Alan Brown (Rational / IBM) dans son article sur "The Future of Software Tools" :


2. Greater transparency in the software development process: Auditing, traceability, and accountability. Software plays a pivotal role in all our lives. It runs our financial institutions, controls the power and utility infrastructure, is embedded in almost every useful device we use, and so on. With this important role comes a certain responsibility. Government regulators, lawyers, and auditors are beginning to pay increasing attention to the software industry to verify that the software we all rely on has been developed according to some provable quality standards. Sarbannes-Oxley and BASEL2 are just the tip of a very large iceburg. For example, in discussions with those in the auto industry I was overwhelmed by the role software plays in the design, manufacture, control, and management of automobiles, and the kinds of requirements they need fulfiled by the software tools they are using. Suppose there is a major design flaw in the software managing the anti-lock brakes on a popular model of car that results in injury of a number of people. How does the manufacturer of the braking system prove that it was not negilgent in the design and implementation of that software? Were the engineers developing the software certified against some recognized standards? Were the processes used to develop the software audited for quality? How were software designs analyzed and validated before they were put into production? And so on. This kind of rigour and auditability will become the norm. Tools must permit this level of access and control. I refer to this as transparency...of process, design, realization, etc. New tooling will emerge that supports and enforces these design principles. Traceability and reporting at all levels will become essential.


Aujourd'hui "l'ancienne et la nouvelle" sont mêlées, esperons que les "bonnes vielles méthodes" primeront sur le "quick and dirty" de certaines startups..

PS: J'aimerais avoir votre feedback sur mes propos... alors n'hesitez pas à poster des commentaires sur mon blog !

MAJ : Richard Menneveux enfonce le clou et insiste sur la communication de crise de BTel et sur les synergies du groupe Bouygues - TF1... Merci pour la référence à mon analyse :)

15/11/2004

Un peu plus de lézards...

On a beaucoup parlé de Mozilla et de Firefox la semaine passée (même Philippe en a parlé !).

Il est vrai que cela fait plaisir à de nombreuses personnes : pour une fois, la sortie d'un logiciel libre a fait l'objet d'une couverture presse impressionnante. La presse en a abondamment parlée, la télévision y a consacrée une chronique. Cela nous a permis de voir et de lire Tristan Nitot, représentant de la fondation Mozilla Europe.

Il est vrai que Firefox est un logiciel remarquable. Son succès (2 millions de téléchargements 2 jours après sa sortie) montre qu'un marché (celui des navigateurs) n'est jamais définitivement noyauté (même quand on détient 98% des parts de marché) et que dans notre économie mondiale, il est plus que jamais important d'innover et d'apporter à ses clients des nouveautés et surtout des solutions (bloquer les popus, naviguer avec des tabulations, être léger et efficace par exemple :) ). Je suis très heureux de voir que les membres de la communauté Mozilla ont compris qu'il leur fallait continuer à innover : ils cherchent, depuis le début de l'année, à fédérer les différentes communautés derrière eux pour contrer Microsoft Longhorn ( probablement, la vrai réponse en matière d'innovation du géant de Seattle).

Ce qui encore plus remarquable c'est la façon dont la fondation Mozilla a géré cette sortie : elle a consacré une section de son site web à la presse, a publié des communiqués de presse, bref, elle a communiqué. Avec ce véritable effort de relations publiques, elle montre la voie aux autres projets OpenSource majeurs (Gnome, KDE, OpenOffice pour ne citer qu'eux) en démontrant que les mass media sont ouverts aux nouveautés logicielles opensource. La possibilité offertes aux communautés OpenSource d'occuper l'espace médiatique, comme le font les grandes entreprises du secteur, leur permettra (je l'espère) à l'avenir de faire connaître leur logiciels et d'agrandir le nombre de leurs utilisateurs, ce qui est une des clés du succès !

Pour conclure cette note, laissez moi penser que Firefox, c'est un peu l'arbre qui cache la forêt : la fondation Mozilla a en effet, d'autres logiciels et technologies dans ses cartons. Je vous laisse les découvrir par vous même, mais j'aimerais insister sur deux points :
o Tous ces logiciels sont publiés sous licence MPL, qui est probablement la meilleure licence pour faire du développement OpenSource en entreprise (je vais pas me faire que des amis en écrivant ça !), car elle permet un contrat "gagnant-gagnant" entre les communautés du libre (qui y trouvent une certaine idée de la "viralité" ) et les entreprises (qui peuvent mixer composants opensource et composants propriétaires facilement). Expliquer les détails ici serait trop long (espérons une traduction française par Mozilla Europe) en attendant, consultez la traduction de la FAQ sur cette licence. A noter que certaines entreprises françaises utilisent cette licence (comme Jaluna par exemple).

o Tous ces logiciels reposent sur la technologie XUL (prononcez 'Zool') qui permet de concevoir des applications ayant une complexité et une richesse plus grande que les sites web actuels. Puisque une démonstration vaut mieux qu'un long discours, cliquez ici (aucune installation necessaire, si ce n'est Firefox :)) : vous y découvrirez une application permettant de surfer sur le catalogue d'un site de ecommerce bien connu... Imaginez le type d'application de nouvelle génération qu'on peut développer avec cette technologie (un client Blogspirit en XUL par exemple ;) ) et vous comprendrez pourquoi on parle de "clients riches". Mozilla (et Microsoft avec XAML) est dès maintenant prêt pour accueillir ces "nouvelles" applications.

Vive le phoenix et vive les lézards ! :)

09/11/2004

Desktop: La guerre est lancée

Ca y est la guerre est déclarée, Novell après avoir racheté Suse (ex entreprise allemande et éditrice d'une distribution linux) et Ximian (grand contributeur au projet Gnome, créateur du logiciel de groupware Evolution et du projet Mono), lance Novell Linux Desktop.

Cette nouvelle montre la volontée de Novell d'aller de l'avant sur le marché du "bureau" et d'attaquer Microsoft sur son terrain. Sucidiaire, me direz-vous ? Peut-être pas, voici quelques bonnes raisons qui feront que Novell ne boira sûrement pas le bouillon (ou la cigüe) :

o Novell a une stratégie cohérente et pragmatique : ils possèdent, une des meilleures distributions linux pour l'entreprise, pouvant remplacer avantageusement Windows Server, mais ils savent très bien, que Microsoft finira par récuperer tout le marché des serveurs bureautiques car ils contrôlent les postes "client", les machines de bureautique que nous utilisons tous pour "travailler". En clair, "Winner takes all" (oui, on est au USA ;).
Pour se battre sur le front du poste client, ils ont aussi récuperer le meilleur environement graphique sous Linux (Gnome), qu'ils intègrent et packagent avec les meilleurs logiciels de bureautique du marché (FireFox, OpenOffice, Evolution). Cela devient, Novel Linux Desktop.

o Novell sait qu'il lui faut la sacro sainte "interroperabilité" pour faire migrer des entreprises vers son bureau : avec Mono (plateforme .NET OpenSource et donc fonctionnant sous Linux et MacOSX en plus de Windows), ils ont le composant essentiel pour faire fonctionner à terme toutes les applications Windows (Longhorn, la future version de Windows sera à 100% .NETifier ;)

o Novell a beaucoup de clients. Novell est un entreprise ancienne, reconnue sur le marché du réseau et des annuaires d'entreprises et qui disposent d'un parc de client fidèle. C'est sûrement la raison principale, qui me fait dire que leur initiative ne PEUT pas être un echec. Regardez IBM, ils décident de faire du Linux et du Java, et ils y arrivent, car leur "poids" permet d'imposer leur choix technologiques... Novell fera de même au sein des réseaux d'entreprises.

Je pense qu'on est au début, de quelques années d'intenses combats, car Microsoft est toujours meilleur lorsqu'il est sous pression. .NET et ses autres initiatives payeront elles aussi.

Qui l'emportera ? Personne, car le gateau est suffisament gros :)

Comme toujours, comments welcome !

MAJ: via le blog de Miguel de Icaza, Novell expose les principaux avantages fonctonnels et techniques de sa solution.
MAJ bis : Novell Desktop Linux Review

06/11/2004

Joel on my mind

Pour ceux qui ne connaitraient pas encore Joel Spolsky et qui travaillent dans les NTIC, précipitez-vous sur JoelOnSoftware, ce blog est à syndiquer de toute urgence pour plusieurs raisons :

o Joel est un véritable "senior" du développement logiciel, il a roulé sa bosse depuis quelques années dans le monde du logiciel et a travaillé chez Microsoft. Il a fondé sa société qui édite un logiciel de "software management" : FogBugz

o Joel écrit un blog où il pense : chaque article contient une masse de réflexions pertinentes et pointues. Trouver autant de valeur ajoutée, ca change...

o Joel est pragmatique : loin des théories (comme ISO SPICE ou SEI CMM par exemple), il livre une vision pratique et applicable par les acteurs du monde du logiciel. Entretiens d'embauche, QA, Pricing, Conception d'IHM tout y passe.

Bref, il est toujours interressant de lire son blog (qui a débuté en 2000 et est traduit dans 30 langues !)

Allez-y !

PS: une des dernières trouvailles de Joel sur le web, les slideshow CSS crées par Eric A. Meyer, regardez l'intro

05/11/2004

Première Note

Je crois qu'il n'y rien de plus banal que la première note d'un blog, alors essayons d'être plus original :
Et voilà, maintenant je fais comme tout le monde, je crée un journal personnel en ligne dont cette note est la première, je l'espère, d'une longue série. Pourquoi créer un blog ? Pour faire partager mes diverses passions et expériences sûrement, mais aussi pour expérimenter une nouvelle technique d'expression, plus directe, plus lisible, plus claire.

On évoquera ici les logiciels, les entreprises innovantes et les nouvelles technologies mais aussi la science fiction, le cinéma ou encore le rugby (et son fighting spirit) et que tout ce qui sera bon d'être publié sur un "Journal de Bord".

Enfin, pour séparer "passions" et "professions", le contenu portant sur la "Sécurité des Systèmes d'Informations" (la fameuse SSI), sera publié sur un blog dédié. Je vous annoncerai le démarrage du projet d'ici quelque temps.

Bonne lecture,

Mise à jour: Corrections via Madame H :) Merci.

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