20/11/2004
Logiciels de demain ?
Vous avez tous entendu parler cette semaine de la mega panne qui c'est produite chez Bouygues Telecom. Reuters nous apprend que l'opérateur aurait perdu près de 16 Millions d'euros à cause de cette panne. La moitié de la somme allant pour des remises clients (qui ne font pas plaisir à tous le monde !).
Cette panne, s'ajoute à celle qui a eu lieu chez France Telecom, il y a quelques semaines. Du coup Patrick Devedjian, Ministre de l'Industrie, a diligenté une enquête administrative pour en savoir plus. Tekelec, fournisseur de serveur de geolocalisation, semble en cause... on devrait en savoir plus d'ici à la fin du mois.
Cette affaire est révélatrice du manque de maturité qu'on trouve aujourd'hui dans le monde de l'informatique, des réseaux et des télécomunications. Il y a bien longtemps que les industriels "de l'ancien économie" (ie automobile, chimie, etc..) utilisent des processus redondant, et possède une "management de la qualité" leur donnant une vrai maitrise de leur "métier de base". Bref, ces industries connaissent les risques operationnels liés à leur activité, et "gère" ce risque. Ca n'empêche pas les pannes, mais ils y sont préparés et les ont anticipées.
Dans la "nouvelle économie", cette culture de la sureté de fonctionnement et des procédures qualités n'est pas encore généralisées. Cette culture est en formation, et les mutliples normes internationales (ITIL, COBIT pour la partie IT, Critères Commun ou ISO 17999 pour la sécurité informatique) sont encores jeunes. Tout ceci doit encore "grandir" et se démocratiser ... (même s'il ne faut pas penser que Bouygues Telecom ou FT soit des entreprises désorganisées)
Cela me fait penser à un de mes professeurs lorsque j'étais étudiant : A chaque cours, il racontait comment son premier employeur, un operateur Américain, lui avait expliqué que si le réseau téléphonique "tombait" (c'est à dire était en panne), alors de nombreuses personnes allaient mourir.
Mourir ? Oui, car le téléphone (et demain l'internet) est le premier support des moyens d'urgence. Couper le téléphone, c'est mettre en danger de mort les personnes seules, isolées, agées ou malades.
Devant cette importance grandissante de la fiabilité des logiciels, toute l'industrie informatique réfléchit: j'en veux pour preuve, cet article qui demande des logiciels durant 200 ans (comme un pont par exemple). Par ailleurs, je ne résiste pas à vous citer Alan Brown (Rational / IBM) dans son article sur "The Future of Software Tools" :
2. Greater transparency in the software development process: Auditing, traceability, and accountability. Software plays a pivotal role in all our lives. It runs our financial institutions, controls the power and utility infrastructure, is embedded in almost every useful device we use, and so on. With this important role comes a certain responsibility. Government regulators, lawyers, and auditors are beginning to pay increasing attention to the software industry to verify that the software we all rely on has been developed according to some provable quality standards. Sarbannes-Oxley and BASEL2 are just the tip of a very large iceburg. For example, in discussions with those in the auto industry I was overwhelmed by the role software plays in the design, manufacture, control, and management of automobiles, and the kinds of requirements they need fulfiled by the software tools they are using. Suppose there is a major design flaw in the software managing the anti-lock brakes on a popular model of car that results in injury of a number of people. How does the manufacturer of the braking system prove that it was not negilgent in the design and implementation of that software? Were the engineers developing the software certified against some recognized standards? Were the processes used to develop the software audited for quality? How were software designs analyzed and validated before they were put into production? And so on. This kind of rigour and auditability will become the norm. Tools must permit this level of access and control. I refer to this as transparency...of process, design, realization, etc. New tooling will emerge that supports and enforces these design principles. Traceability and reporting at all levels will become essential.
Aujourd'hui "l'ancienne et la nouvelle" sont mêlées, esperons que les "bonnes vielles méthodes" primeront sur le "quick and dirty" de certaines startups..
PS: J'aimerais avoir votre feedback sur mes propos... alors n'hesitez pas à poster des commentaires sur mon blog !
MAJ : Richard Menneveux enfonce le clou et insiste sur la communication de crise de BTel et sur les synergies du groupe Bouygues - TF1... Merci pour la référence à mon analyse :)
02:30 Publié dans Logiciels | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note



Commentaires
Je ne pense pas qu’on puisse comparer les industries de « l’ancienne économie » avec les industries informatiques et télécoms car les techniques sont totalement différentes
! Une fois qu’une voiture est vendue, il suffit de quelques révisions pour qu’elle roule. Un réseau, quant à lui, est toujours utilisé et n’est jamais interrompu. C’est quelque chose qui évolue sans cesse : on change le support : du cuivré à la fibre optique ; de réseau : du GSM au GPRS; de machines,…. Peu de personnes s’en rendent compte au final et ça marche plutôt bien. Le délai d’intégration des technologies est de plus en plus court. Parmi les programmes les plus anciens on a ceux du réseau téléphonique et ils ne seront bientôt plus utilisés dans quelques années car on va passer à la voix sur IP. Donc souhaiter que les programmes durent 200 ans est utopique. Si la durée de vie des les logiciels était aussi longue la plupart des entreprises informatiques feraient faillite.
Enfin la qualité a un coût. Est-ce que l’utilisateur au final est prêt à payer plus pour le même service ?
Ecrit par : Olivier | 20/11/2004
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